Notre rapport au lieu est une territorialisation de nos désirs et donc de notre existence. Eric Dardel , Géographe
Par l’itinérance et les dérives, je questionne comment les territoires affectent les rythmes et les temporalités et comment les espaces peuvent être gagnés par des trajectoires et des modes d’être.
Par le geste photographique, je cartographie des puissances d’être au monde via les rapports Lenteur/Mémoire et Vitesse/Oubli, chères au philosophe Gilles Deleuze. Je fais du corps en mouvement, une carte psychogéographique qui déplie les rapports d’affects au territoire.
La pratique itinérante de plein vent (1) s’opère en fixant un cap et en dérivant. Elle consiste à habiter une fréquence dans le champ de l’imagination et à faire émerger notre capacité d’émerveillement. L’itinérance mobilise les sens et implique une observation attentive de l’environnement.
Je ne marche plus dans des espaces définis mais en des lieux incertains, peuplés de devenirs ludiques, poètiques ou mystérieux.
Je dérive dans une attitude de lâcher-prise et de disponibilité au détour, à travers des cercles de signifiances intimes et universels.
Je suis ma musique intérieure faite de rythmes et d’intensités, de respirations et de vitesses, de plaines et de vallées, de terre, de mer et de silence.
Des signes chuchotent et dessinent un contour.
L’acte de présence au monde semble se jouer quand l’ici et l’ailleurs se chevauchent, quand l’épaisseur du réel se dilate, faisant place à de nouveaux espaces à habiter(2).
1 L’expression plein vent a été établie par l’historien Franck Lestringant (1991), à propos de l’œuvre d’André Thevet (1516?-1592), auteur de la Cosmographie universelle et voyageur au Brésil, symbole d’une pratique de géographe préférant l’expérience aux autorités.
2 L’ habiter selon Eric Dardel, est un mode de connaissance du monde et un type de relations affectives loin d’une approche abstraite ou technocratique de l’espace.
Thanks to itinerant practice and drifts, I wonder how territories affect rhythms and temporalities and how spaces can be crossed by ways of beings.
By the photographic gesture, I map powers of being in the world thanks to the relationships Memory / Slowness and Speed / Forgetfulness dear to the philosopher Gilles Deleuze. I do body in movement, a psychogeographic map that unfolds affects relationships to territories.
The itinerant practice of plein vent (1) operates by setting a course and drifting. It consists to inhabit a frequency in the field of imagination and bring out our capacities for wonder. The itinerant practice engages the senses and involves a careful observation of the environment.
I don’t walk in defined spaces, I walk in uncertain places populated by playful, poetic or mysterious becomings.
I drift in a released and open-minded behavior to detour trough intimate and universal significances.
I follow my interior music made by rhythms and intensities, by respirations and speeds, by plains and valleys, by sea and silence.
Signs whisper and draw outlines.
The presence in the world seems acting when here and elsewhere overlap, when thickness of reality dilates, making way for new places to inhabit (2).
1. The expression plein vent in French, was estblished by Franck Lestringant in 1991, in reference to the works of André Thevet (1516?-1592), author of Cosmographie Universelle and traveler in Brazil, symbol of a geographer’s practice preferring experience to authority.
2. According to Eric Dardel, toinhabit is a way of knowing the world and a type of emotional relationships far from an abstract or technocratic approach to space.